Dossier épargne pension Ep. 4/7

 

Construire l’épargne

 

Vous connaissez votre besoin d’épargne, votre mise en place financière est opérationnelle et vos revenus ont été intelligemment optimisés. C’est à présent l’heure de réfléchir à comment constituer concrètement votre épargne.

Comment constituer son épargne pension dans les faits ?

 

ASSURANCE

La pension libre complémentaire pour indépendant (PLCI)

Le principe de la PLCI est de se constituer une pension additionnelle via un contrat d’assurance branche 21. Les primes versées dans le cadre de la PLCI dépendent de vos revenus professionnels ( 8,17% des revenus nets imposables de 3 ans auparavant) avec un plafond de 3.291,30€.

Elles peuvent être déduites des revenus imposables, ce qui donne un double avantage :

  • Une réduction d’impôts car la prime est déduite comme frais professionnels
  • Une réduction de cotisations sociales car le revenu sur lequel celles-ci sont calculées diminue suite à la déduction de la prime.

À l’échéance du contrat une cotisation INAMI de 3,5% et une cotisation de solidarité de 2% sont prélevées sur le capital versé. Le capital versé est ensuite imposé pendant 10 ans comme une rente fictive de 5% de 80% celui-ci au taux progressif de l’impôt des personnes physiques

L’engagement individuel de pension (EIP)

L’engagement individuel de pension est une assurance vie individuelle branche 21 ou 23 ou mix des deux avec votre société comme preneur d’assurance et vous comme assuré bénéficiaire direct.
Les primes sont déductibles dans le chef de votre société si elles respectent la règle des 80% qui impose que les prestations de pension légale et complémentaire ne dépassent pas 80% du montant des revenus imposables moyens des 3 dernières années. Il faut donc un revenu annuel de plus de 30.000 € pour bénéficier de ce régime. Une taxe de 4,4% est toutefois due sur chaque prime. Le capital de l’EIP est versé uniquement lorsque la retraite est effectivement prise En fin, un impôt final de 10% est dû sur le capital versé après prélèvement d’une taxe INAMI de 3,5% et d’une cotisation de solidarité de 2%, à condition que vous preniez votre retraite à partir de 65 ans et que vous soyez resté actif jusqu’à cet âge.

L’épargne pension

Il existe deux manières de souscrire une épargne pension :

  • Opter pour un compte d’épargne pension auprès d’une banque, dans lequel cas, vous ne bénéficiez d’aucun rendement annuel minimum garanti. Un fonds d’épargne pension repose en effet sur des titres et obligations, et le bénéfice dépend donc de leur évolution en bourse.
  • Opter pour une assurance d’épargne pension auprès d’une compagnie d’assurance, ce qui permet de connaitre d’avance le rendement annuel minimum garanti et de pouvoir éventuellement recevoir une participation aux bénéfices qui dépendra des résultats financiers de l’assureur.

Le montant maximum à verser dans une épargne pension pour l’année 2020 est de 990 € par personne. L’avantage fiscal associé est de 30% de la prime versée à augmenter des additionnels communaux. Un impôt final de 8% est perçu à votre 60e anniversaire. Il est calculé comme suit :

  • Pour le compte d’épargne pension sur les versements bonifiés d’un rendement fictif de 4,75%.
  • Pour l’assurance pension sur la réserve bonifiée du rendement annuel minimum garanti.

Les versements effectués après le 60e anniversaire et jusque 65 ans restent déductibles et ne sont plus imposés.

L’épargne à long terme

Avec l’épargne à long terme, vous épargnez via un contrat d’assurance vie branche 21 ou branche 23 ou un mix des 2. Ce contrat doit avoir une durée minimale de 10 ans. Le montant maximal de l’épargne à long terme varie selon votre revenu ( 179,10 € + 6% de la totalité de vos revenus professionnels bruts) avec un plafond de 2.390 € pour l’année 2020. Une taxe de 2% est à acquitter sur les versements. L’avantage fiscal est de 30% sur les montants versés à augmenter des additionnels communaux. La taxation finale à 60 ans s’élève à 10% et les versements effectués après le 60e anniversaire restent déductibles même après 65 ans et ne sont plus imposés.

BANQUE

Le couple rendement – risque

Les économistes ont coutume de dire qu’il n’y a pas de « free lunch ». Autrement dit, toute rentabilité élevée d’un placement s’accompagne d’un risque important, et tout placement sûr est assorti d’une faible rentabilité. Le rendement et le risque des placements financiers sont inséparables. Ils diffèrent en fonction du placement choisi. Vous ne pouvez pas connaître à l’avance et avec certitude le rendement d’un placement. Avant d’investir, vous devez connaître les risques liés au produit financier proposé.

La prime de risque

C’est la différence entre le rendement d’un emprunt d’Etat et le rendement d’un placement plus risqué. Autrement dit, c’est le complément de rémunération qui est proposé à l’investisseur pour qu’il accepte d’acheter ces actions ou ces obligations plutôt que de souscrire à des emprunts d’Etat.

La liquidité

Un actif financier (actions, obligations, etc.) est dit liquide lorsqu’il peut être acheté ou vendu rapidement sans que cela n’ait d’impacts majeurs sur son prix. La liquidité reflète donc la facilité avec laquelle cet actif peut être échangé. Ainsi, plus un marché est liquide, plus il est aisé, rapide et peu coûteux d’y réaliser des transactions. Par extension, un placement est dit liquide quand vous pouvez facilement et rapidement récupérer votre argent.

La volatilité, un indicateur de risque

La valeur d’une action ou d’un fonds fluctue en permanence. La volatilité est un indicateur qui mesure l’amplitude de ces hausses et de ces baisses. La connaissance du niveau de volatilité d’un placement vous est donc utile pour évaluer le risque de ce placement : quand la volatilité est élevée, la valeur du capital investi peut baisser de façon importante. Une volatilité élevée s’accompagne généralement d’une espérance de rendement intéressante. Cependant, un rendement élevé ne peut jamais être garanti.

Structurer ses placements

Il est seulement possible de se constituer un patrimoine en suivant une stratégie de placement réfléchie, en se fixant des objectifs et en donnant une structure saine à son portefeuille. Outre sa base, l’épargne de précaution, cette structure comporte 3 niveaux de risque et d’espérance de rendement croissants :

Placements avec capital garanti

Il s’agit de placements, dont le capital sera récupéré à l’échéance et qui donnent un rendement légèrement supérieur au compte épargne mais qui n’en ont pas la liquidité puisque cette garantie de capital ne vaut qu’à l’échéance.

Ce sont :

  • Au niveau bancaire, les bons de caisse et comptes à terme
  • Au niveau assurance, la branche 21

Le rendement de la branche 21 permet d’obtenir un rendement supérieur car :

  • Outre le taux garanti, il y a aussi une possible participation bénéficiaire en fonction du résultat technique de l’assureur.
  • Si la durée de la police est supérieure à 8 ans ou assortie d’une garantie décès de 120% minimum, il n’y aura pas de précompte mobilier sur les intérêts.
  • En branche 21, les versements subissent toutefois une taxe de 2% et des frais d’entrée (max 4,5%) et la garantie de capital peut donc devenir une notion relative.

Placements collectifs sans garantie de capital

Ces placements offrent la possibilité d’un rendement supérieur, mais le risque à payer pour cela est un risque plus grand. Ni le rendement, ni le maintien du capital ne sont garantis. Ils sont principalement investis en actifs financiers : obligations, actions, matières premières, options, devises. Ils permettent d’accroître la diversification à l’intérieur des choix de gestion et donc de renforcer la gestion du risque.

Ils peuvent être :

  • Mixtes et concilier plusieurs types d’actifs financiers.
  • Spécifiques et concentrer le « pari » de rendement et le risque sur une seule classe d’actifs financiers et/ou un seul environnement géographique
  • Thématiques et concentrer le « pari » de rendement et de risque sur une problématique ou stratégie spécifique.

Ce sont :

  • Au niveau bancaire, les fonds communs de placements, les SICAVS et les trackers
  • Au niveau assurance, la branche 23

Placements en titres individuels

Le rendement dépend entièrement des performances de l’entreprise, dont les titres obligations ou actions ont été choisis et le risque est à 100% concentré sur elle. L’achat de ces titres, obligations et actions se passe exclusivement au niveau bancaire et du courtage financier.

 

IMMOBILIER

Investir dans l’immobilier en Belgique reste une décision intéressante. Les faibles taux d’intérêt hypothécaires, l’économie en croissance et l’augmentation du pouvoir d’achat : voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles l’investissement immobilier doit avoir sa place dans tout patrimoine. Une maison ou un appartement n’est pas un investissement aussi volatil que des actions en Bourse : c’est un bien tangible et concret, un investissement à valeur fixe, qui présente les particularités suivantes.

Un investissement stable

Les prédicteurs immobiliers se contredisent depuis des décennies. Les uns pensent que le marché immobilier belge est surévalué et sur le point de s’effondrer. Les autres sont d’avis que le marché est parfait et qu’il recèle encore un énorme potentiel de croissance. « Quoi qu’il en soit, le marché de l’immobilier est resté particulièrement stable au fil des ans. Il surfe tranquillement sur les vagues du marché, sans enregistrer de variation inquiétante.»

Un rendement élevé et sûr

L’immobilier est donc aussi sûr que certaines alternatives mobilières à taux fixe, comme les obligations et les bons de caisse, mais son rendement est plus élevé. Aujourd’hui, on peut compter sur un rendement locatif brut de 4 %. Couplé aux taux d’intérêt historiquement bas, il ne faut pas s’étonner que les investisseurs optent pour l’immobilier plutôt que pour des solutions d’épargne qui ne rapportent plus grand-chose.
Le risque d’offre excédentaire et d’illiquidité ne concerne que l’immobilier de niche où il est bien plus élevé que pour les appartements et logements traditionnels.

Des avantages uniques

Par ailleurs, l’immobilier présente plusieurs avantages qui sont absents des autres investissements :

  • Par exemple, il offre une certaine résistance à l’inflation, ce qui garantit la valeur fixe du bien au fil des ans.
  • Il existe également des avantages fiscaux pour ceux qui financent leur investissement immobilier par le biais d’un prêt bancaire.
  • Le rendement d’un bien immobilier est plus élevé que les intérêts que vous remboursez sur un prêt hypothécaire. En d’autres termes, les investisseurs gagnent de l’argent avec le capital emprunté. L’argent qui ne leur appartient pas est utilisé pour générer des rendements. C’est un levier intéressant que l’on ne retrouve dans aucun autre investissement bancaire. »

Achat immobilier, en privé ou en société ?

Vous êtes dirigeant d’entreprise et vous souhaitez investir dans l’immobilier ou tout simplement acquérir votre habitation ? En matière immobilière, compte tenu des enjeux et des conséquences fiscales que tel ou tel choix peut avoir, il sera toujours utile, voire nécessaire, de disposer d’une analyse précise sur base de données chiffrées. Pensons notamment au traitement fiscal de la mise en place d’un loyer, à l’avantage de toute nature éventuel ou encore à la taxation d’une éventuelle plus-value lors de la revente. Bien que chaque situation nécessite une analyse personnalisée, voici les principaux avantages et inconvénients.

Acquisition en privé
Avantages

Habitation propre :

  • Simplicité
  • Déductible jusque ± 3.000 €/pers/an
  • Pas de taxation sur la plus-value en cas de revente
  • Possibilité de percevoir un loyer de sa société
  • Taxation réduite sur habitation familiale en cas de succession

Investissement :

  • En cas de location vers un privé, la taxation est très faible voire parfois nulle
  • Intérêts déductibles

Inconvénients 

Habitation propre :

  • Taxable à la succession
  • Si le bien est cher, il faudra une grande capacité de remboursement en privé.

Investissement :

  • Taxable si le bien est loué vers un professionnel qui le déduit
  • Taxable avant 5 ans en cas de revente

Pour la première habitation, il est souvent conseillé de prendre cette formule qui allie simplicité, rendement fiscal et participation professionnelle via le loyer versé par la société.

Acquisition en société

Avantages :

  • Frais de Notaire et droits d’enregistrement déductible l’année de l’achat en une fois.
  • Tous les frais, travaux, amortissements (hors terrain) et intérêts sont déductibles généralement à 100%
  • Optimisation de la succession possible en démembrant les actions
  • Transmission des actions généralement sans droits d’enregistrement sur les bâtiments
  • Payable avec du brut de société
  • Même sans locataire, les charges sont déductibles et peuvent contrebalancer des prestations
  • En cas de liquidation de la société, les actionnaires deviennent propriétaires du bâtiment (avec plus-value calculée et payée quand même par la société)
  • Fiscalement safe.

Inconvénients :

  • Les parties privées sont soumises à des avantages de toutes natures permanents
  • Les loyers entrent dans la base imposable
  • Frais de gestion (de la société)
  • Taxation des plus-values en cas de revente
  • Pas de déduction privée malgré l’avantage en nature payé.

L’acquisition en société est donc le solution conseillée à partir du 2ème bien pour investissement. La société vous permettra de vous constituer un patrimoine immobilier plus important et plus rapidement avec ce véhicule.

Acquisition via un démembrement

Usufruit / Nu propriété – Superficie- Emphytéose

Avantages :

  • Tous les frais, petits travaux, amortissements de l’usufruit et intérêts sont déductibles normalement à 100%
  • À la fin de l’usufruit , les nu propriétaires deviennent pleins propriétaires de plein droit
  • Frais de Notaire et droits d’enregistrement déductibles l’année de l’achat en une fois

Probablement le plus rentable fiscalement.

Inconvénients :

  • Mise de fond privée (nu propriété) importante à mettre et non déductible
  • Les gros travaux restent à charge de la nu propriété
  • Risque fiscal important, même si le dossier est bien monté, la législation pouvant être modifiée
  • Coût de montage plus élevé
  • Système plus complexe.

Cette solution peut, encore aujourd’hui, être utilisée mais sous certaines conditions et moyennant certaines précautions.

Acquisition via une combinaison

La combinaison de deux ou trois des solutions ci-dessus est souvent recommandée pour la bonne et simple raison que si un changement devait intervenir (liquidation, changement de stratégie, succession, changement de la législation, …), les droits d’enregistrement réduits sont souvent d’application (1% au lieu de 12,50%). Rien ne vous empêche donc, si vous optez pour la solution « société », de mettre un petit % d’autres personnes physiques (vous) en indivision. De plus, même pour les habitations propres, la société peut être une deuxième source pour assurer la capacité de remboursement.

Note :

Investir dans l’immobilier nécessite bien souvent de passer par une première phase d’investissements financiers car les fonds à débloquer dès le départ sont importants (surtout depuis que les banques demandent 25% de mise personnelle (+les frais) pour les emprunts). L’assurance génère des revenus minimes et immobilise votre argent pour une longue période par contre elle peut constituer une garantie ou un financement pour un projet immobilier.

Nous venons donc de voir comment constituer son épargne. Voyons maintenant comment la transmettre dans les meilleures conditions. Vous avez des questions concernant cet article ? Contactez-nous !

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